Confinement florissant

Quand le monde se réveille en mode confiné

Décembre 2019, une situation alarmante : l'apparition d’un nouveau virus en Chine.

Mars 2020, une situation inédite : le monde entier forcé de rester enfermé à la maison. Enfermé, mais plus connecté que jamais.

Se retrouver coincé chez soi pour respecter un confinement imposé par nos gouvernements pendant plusieurs mois quand nous vivons à l’heure des réseaux sociaux est une situation nouvelle, unique et qui, étrangement, a permis l’émergence d’initiatives étonnantes et enthousiasmantes. Des groupes Facebook créés pour l’occasion aux concerts privés gratuits partagés en ligne, cette période aussi étrange et pénible qu’elle ait pu être restera également dans les mémoires comme une période pleine d’espoir et d’initiatives communautaires.

dessinetacoronamaison par Zenitram - Twitter : @zenitramfox - Site internet : https://linktr.ee/zenitramfox

Quand on voyage de chez soi à travers les fenêtres des autres

De très nombreux groupes Facebook ont vu le jour durant cette période et, l’un de ceux qui a connu le plus de succès, est celui créé par Barbara Duriau, « View from my window ».

Cette graphiste belge se retrouve enfermée dans son 27 mètres carrés à Amsterdam.  Cherchant à inventer un concept créatif original elle lance ce groupe le dimanche 22 mars.  Le concept est simple : poster sur le groupe une seule photo prise d’une de ses fenêtres avec l’indication du lieu et de la date. Seulement un mois après sa création, le groupe dépasse toutes les attentes : le nombre total de membres atteint les 2 millions et le total de photos est de plus de 120 000. Étant donné l’énorme travail de modération que cela nécessite, le groupe a dû rapidement être fermé aux nouveaux membres et nouvelles publications, mais les photos envoyées avant la fermeture continuent encore aujourd’hui d'être visibles.  

En outre, il y a une vie après Facebook. Un projet de crowdfunding a été lancé dès la fermeture du groupe qui a permis de récolter 139 580 euros offerts par plus de 3 000 contributeurs. Cette initiative donnera bientôt lieu à un livre, à un site web (peut-être future plateforme d’hébergement pour voyageurs) et à une exposition nomade afin que ces photos uniques nous fassent encore voyager.

https://www.kickstarter.com/projects/barbaraduriau/view-from-my-window-life-after-facebook?lang=fr

Quand on dessine sa coronamaison

D’une conversation Twitter entre dessinateurs nait le défi de dessiner sa #coronamaison : partager via Twitter un cadavre exquis* de dessins à partir d’un gabarit unique pour que chacun illustre sa pièce de confinement idéale. Le résultat : un immeuble de 1 470 étages, d'une hauteur de 4,41 km que l’on peut admirer sur un site internet créé pour l’occasion :

https://coronamaison.fun/

* Jeu qui consiste à faire écrire une phrase ou

composer un dessin par plusieurs personnes sans qu'aucune d'elles ne sache ce que la personne précédente a écrit ou dessiné.

Quand des nounours apparaissent 

aux fenêtres

Une idée toute simple a émergé pendant le confinement afin de redonner le sourire non seulement aux enfants, mais aussi aux adultes : déposer un nounours aux rebords des fenêtres des maisons.  Ce concept, relayé par les réseaux sociaux, a vu, en l’espace de quelques semaines, des centaines d'ours en peluche de toutes tailles fleurir derrière les fenêtres et les porches des maisons en Europe et aux États-Unis. Des quartiers entiers se sont transformés en vitrine de peluches pour le plus grand bonheur des enfants, leur offrant ainsi un moment de douceur.

Quand on construit le monde d’après en le dessinant et en s’engageant

Et si le monde d’après ne ressemblait pas au monde d’avant, tel est le défi que propose de relever le mouvement écologiste Alternatiba avec le projet « Et si… ». Cette crise mondiale sans précédent met un coup de projecteur supplémentaire sur les dérives du système actuel autant que sur la fragilité de nos sociétés. Autant profiter de cette situation d’exception pour proposer que les cartes soient rebattues. Le monde entier se trouve à un carrefour, alors pourquoi ne pas faire repartir la machine en prenant de vraies mesures pour métamorphoser nos territoires et changer le système afin de construire un nouveau monde basé sur la soutenabilité écologique et la justice sociale ?

C’est ainsi que 60 artistes et intellectuels se sont unis pour concevoir de nouvelles façons de se nourrir, de voyager, d’habiter, d’apprendre, d’échanger… 28 thématiques à reconsidérer grâce à une nouvelle perspective proposée par la collaboration d’un artiste et d’un auteur. Le recueil tiré de cette initiative disponible en PDF sur demande est une invitation à un futur loin d’être impossible.

Ainsi, avec Alice, une des musiciennes du groupe «Les ogres de barback », on se met à rêver à un monde d’après où la culture ne serait plus une marchandise mais « un vecteur de lien social, de rapprochement des êtres, une barrière à l’isolement et au renfermement sur soi ».  Elle nous dessine un monde d’après qui pourrait ressembler à une grande fête de village, où l’on rencontre son voisin, si différent soit-il, où l’on découvre son quartier sous une forme nouvelle. Un monde où les artistes ne seraient plus ces stars inaccessibles mais juste des voisins que l’on croiserait partout et qui nous aideraient à « oser jouer  et oser rire, oser être heureux ou malheureux et oser réfléchir, oser lâcher prise ». N’importe quand, n’importe où. Un monde où la rue serait la scène et où l’espace public le serait vraiment.

Chaque thématique abordée propose des actions concrètes à mettre en œuvre dans notre vie de tous les jours – un message simple mais tellement essentiel. N’attendons pas demain pour développer des alternatives qui existent déjà : c’est à chacun aujourd’hui qu’il revient de changer la fiction en réalité.

 

Plus d'info : https://et-si.alternatiba.eu/

Quand les pays applaudissent leur

personnel soignant

Dès la mi-mars, à 20 heures précises, les Français se sont donné rendez-vous sur les balcons, rebords de fenêtres ou terrasses pour applaudir et ainsi remercier et rendre hommage, à distance et en respectant le confinement, le personnel soignant.

D’abord timides, les préfectures, les mairies, les associations ont encouragé la population à faire de ce rendez-vous quotidien un hommage national.

Un élan qui s’est répandu dans d’autres pays comme la Belgique, l’Espagne ou l’Italie.

Quand les hashtags se multiplient

Utilisé à l'origine pour le réseau social Twitter, le hashtag se constitue d’un ou plusieurs mots clés précédés du symbole dièse, #. Il fait désormais partie intégrante de presque toutes les plateformes de réseaux sociaux pour identifier un mot-clé ou un sujet.

Depuis le début du confinement, les internautes utilisent régulièrement dans leurs Tweets ou messages plusieurs hashtags qui incitent à la prudence, au civisme et à la responsabilité individuelle et collective face à la Covid-19 : #sauvonsdesvies, #covid19, #gestesbarrieres, #restezprudents, #restezchezvous,  #onapplaudit et #jamaissansmonmasque.

Quand les salons deviennent des cinémathèques

Le streaming vidéo est une des choses dont nous avons pu profiter pendant cette période. Pour le bonheur des plus cinéphiles, les cinémathèques de France se sont vite emparé de cette idée. La première à se lancer a été la cinémathèque municipale de Nice, en proposant l’accès gratuit pour ses abonnés à un programme de films plus ou moins récents du patrimoine cinématographique. D'autres cinémathèques en France ont suivi le mouvement ainsi que bon nombre de cinémathèques ou de salles d’art partout dans le monde.

La bonne nouvelle est maintenant que ces services en ligne sont mis en place, ils resteront disponibles, nous permettant désormais de profiter d’un cinéma d’auteur depuis son canapé. Si l’envie vous prend de vous replonger dans la nouvelle vague avec les films de Jacques Rozier ou de revoir d’autres films rares qui ont marqué l’histoire du cinéma, la Cinémathèque française via la plateforme Henri vous en offre la possibilité, en accès gratuit illimité et ce y compris à partir de l’étranger : https://www.cinematheque.fr/henri/

Quand les musées se dévoilent

Beaucoup de musées sont devenus virtuels. Le public a ainsi pu admirer les œuvres du musée du Louvre et du musée d’Orsay à Paris, du British Museum à Londres, du Van Gogh Museum à Amsterdam et du Guggenheim Museum et Getty Center aux États-Unis.

Depuis le début du confinement, le Getty Center à Los Angeles a également proposé un défi :  demander aux personnes de reproduire chez elles des chefs d’œuvre avec des objets du quotidien tel qu'un vêtement ou un jeu. L’essentiel est de stimuler l'imagination et la créativité.

Certaines écoles ont d'ailleurs adapté ce défi et ont proposé à leurs élèves de créer des couvertures de livres originales à partir de livres existants. C'était le cas, par exemple, de la French Immersion School of Washington (FISW), où Elisabeth une des auteures de cet article a animé des ateliers autour de la création de telles couvertures.

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