Langue et Terroirs

Quelles tendances pour le tourisme à Bordeaux ?

À l’heure où j’écris, le secteur touristique en France est bien morne : pour lui dont les revenus sont en grande partie tributaire des visiteurs étrangers, 2020 est une année noire. Les touristes étrangers viendront peu, et les Français sont encouragés à passer leurs vacances en France. De quoi (re)découvrir son pays : ne vous êtes-vous jamais trouvé dans la situation de vous rendre compte que vous ne connaissiez pas bien votre région ? Moi si ! Et grâce à Langue et terroirs, mon concept de visites touristiques pour les personnes qui apprennent le français,  j'en apprends de plus en plus sur Bordeaux et découvre vraiment la Gironde, un département aux paysages variés et au patrimoine historique très riche !

Ma ville est une destination solide dont la réputation n’est plus à faire. Avec la question du changement climatique, l’ère post-Covid s’annonce plus durable dans ses intentions. L’industrie du tourisme va devoir se transformer, elle qui pollue tant et de bien des manières. À moins qu’il faille en appeler au bon sens commun ? Est-ce à nous, individuellement, de nous imposer des pratiques plus vertes ?

La fin du tourisme de masse ?

Quand on pense à Bordeaux, on pense au vin, et à deux incontournables de la région : Arcachon avec la dune du Pilat, et Saint-Émilion. Est-il pensable de ne pas s’y rendre quand on vient de l’autre bout du monde ? Non, bien sûr ! Pourquoi se priver de telles merveilles ? Pour autant, la dune du Pilat souffre sous les pas des milliers de touristes français et étrangers qui la gravissent chaque année, mettant en danger son écosystème. Et Saint-Emilion est littéralement envahie par des flots de touristes l’été, si bien que ses habitants préfèrent la quitter tant elle devient invivable…

Saison haute VS saison basse, tourisme de masse VS petits groupes : l’expression « Less is more » est à la mode dans le monde du tourisme 

en France. On parle aussi de « slow tourisme » ! Les Français cherchent à voyager, en France comme à l’étranger, de façon éco-responsable, solidaire et éthique. Saviez-vous que pour limiter votre empreinte carbone, il faut passer une journée de vacances sur place par heures de vol effectuées ? Les professionnels du tourisme en ligne sont même invités à la sobriété numérique !

Un tourisme vert et culturel
De nos jours, voyager n’est plus seulement ajouter de nouvelles destinations à sa liste idéale. Le choix se base désormais sur ce que le voyage nous permet d’accomplir pour nous aider à nous épanouir plus encore. On profite de ses vacances pour apprendre le surf sur la côté médocaine, pour découvrir l’oenologie avec un professionnel à Sauternes, pour se ressourcer en marchant dans la nature, pour « challenger » son niveau de français avec moi à Bordeaux ( !!!), etc. C’est l’expérience immersive qui prime aujourd’hui dans la vision qu’ont les Français des voyages réussis, et c’est ce que j’ai senti dans l’air quand j’ai créé Langue et terroirs !
Pour moi, mais aussi pour Martin Malvy, ancien ministre, président de «Sites & Cités remarquables de France»

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et animateur du nouveau label « France Patrimoine et Territoires d'Exception », il faut imbriquer le tourisme et la culture*, car l’un découle de l’autre, et inversement. Or, en France, ces 2 ministères sont séparés : le tourisme est une composante du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, et la Culture est un petit Ministère qui « compte pour du beurre ». Or ce sont bien là deux belles vitrines et puissantes locomotives de l’économie française !

Avec Langue et terroirs, je suis « tendance » : je prône un tourisme lent, respectueux de l’environnement et des hommes. Mes visites se font à pied, pour avoir le temps d’observer, de sentir le rythme de la ville de Bordeaux, et mes activités pédagogiques invitent les participants étrangers à s’exprimer en français sur leurs sentiments, leurs émotions, et à discuter sur ce qui nous différencie ou ce qui nous rapproche. Pour les excursions en dehors de la ville, je privilégie les transports en commun, bus et train : prendre le temps d’aller d’un endroit à un autre, c’est se préparer à accueillir la nouveauté de la découverte à l’aller, et à en intérioriser ses bienfaits au retour.

Nous  marchons  dans  la  nature  et nous nous reconnectons  avec

le vivant : nous avons le choix de nous sortir de nos environnements urbains, souvent pollués et oppressants, et je crois que nous devrions en faire un devoir envers nous-mêmes, car ce sont des moments salutaires pour notre équilibre physique et mental ! Mes activités permettent d’échanger avec des locaux, commerçants, guides, viticulteurs, etc. : ils transmettent eux aussi leur amour pour leur travail et leur pays ! 

J’ai l’intime conviction que nous faisons partie d’un grand tout. Personnellement, je m’engage pour un tourisme vertueux, car c’est ce qui nous fait du bien à tous. J’ai l’espoir que les hommes continueront à voyager, toujours un peu plus éclairés sur ce qui les entoure et qu’ils sont venus chercher, peut-être de façon plus éco-raisonnée qu’avant !

Qui est Virginie Cabot?

J’ai grandi à Bordeaux, une ville qui n’a cessé de s’embellir avec le temps.      N’a-t-elle pas été élue Lonely Planet’s Best en 2017 ? Un titre largement mérité pour une ville à découvrir, et pas seulement pour son vin !

Cette mutation, je l’ai suivie de loin pendant ma vie de jeune adulte. En effet, armée d’un diplôme universitaire en français langue étrangère (FLE), je suis partie en 2003 pour enseigner en Hongrie, en Turquie et en Chine, dans des lycées et universités bilingues prestigieux. En rentrant à Bordeaux en 2015, j’ai redécouvert la ville de ma jeunesse : comme elle avait changé, et en bien !

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Je fais de véritables heureux en discutant amicalement et en montrant ma ville que j’aime tant : les commentaires ne tarissent pas d’éloges ! Avec Langue et terroirs, je me sens à ma place, celle d’une professeure professionnelle, accueillante, ouverte sur le monde, et généreuse de tout ce qu’elle a à partager avec ceux qu’elle rencontre !


Je vous propose de découvrir Bordeaux et ses nombreuses facettes dans les pages du Mag’ fr@ncophone à travers mes chroniques, facettes qui deviendront de véritables reflets de la société française. De quoi commencer votre immersion avant même de venir me voir dans ma ville chérie !

Questionaire de Proust

Mon principal trait de caractère : Je suis spontanée. Cela fait de moi une bonne camarade, toujours volontaire pour une activité, qui s’intéresse aux autres et dialogue. Mon franc parler peut surprendre, mais on comprend vite que je suis toujours bienveillante, car je suis très affable !

Mon principal défaut : Je suis exigeante ! Je tiens toujours à donner le meilleur de moi-même.

La qualité que j’apprécie le plus chez mes amis : Leur vivacité : j’aime quand la conversation rebondit et qu’elle nous emmène sur des chemins inexplorés, que nous parlions de l’actualité, de nos passions ou pour dire des bêtises ! J’aime y voir de la poésie, pour enchanter mon quotidien.

Mon occupation préférée : J’aime marcher et observer ce qui m’entoure. C’est pour cela que j’aime voyager, et que j’ai décidé d’inclure dans mon activité professionnelle des balades en ville et dans la nature. Je vois toujours quelque chose de nouveau !

Le pays où je désirerais vivre : Les États-Unis ! L’apprentissage de l’anglais au collège a été une révélation : écouter et répéter les dialogues de notre manuel, et je m’y imaginais déjà ! J’ai eu la chance de faire plusieurs séjours linguistiques en Angleterre quand j’étais adolescente, et cela a eu un réel impact sur mes choix de carrière et de vie. J’ai visité plus récemment San Fransisco et je suis allée dans le Nevada (Reno, lac Tahoe et lac Pyramid) : je rêve de retourner aux States et d’y rester des mois et des mois !

Mes auteurs favoris en prose : J’ai toujours beaucoup lu, toutes sortes d’œuvres de fiction : des classiques, des polars, des romans de gare… Je viens d’une famille qui m’a donné un accès privilégié à la culture, alors que pour eux, cette culture donnait « mal à la tête ». J’adore Proust et ses phrases dites « interminables », et je garde un souvenir très fort du Rivage des Syrtes de Julien Gracq.

Mes héros favoris dans la fiction : J’aime beaucoup Peter Pan, car je crois qu’il est important de garder une part d’enfance en soi. J’aime Indiana Jones pour l’aventure et l’humour. Son pendant français serait selon moi le personnage d’OSS 117 incarné par Jean Dujardin, sur un mode plus subversif !

Mes héroïnes favorites dans la fiction : Enfant, je me suis identifiée à Jo March. J’ai lu et relu ce roman. Quelle femme ! Quelle énergie elle donne !

Mon héros préféré dans l’histoire : Je ne suis pas spécialiste, mais je crois que Winston Churchill a agi comme il fallait quand il fallait, à plusieurs reprises. J’admire ses dons d’orateur et son humour. Je pense aussi à Gengis Khan, parce que ce nom évoque les pays lointains et la conquête, et que j’ai vu les traces de son passage dans les cultures de deux des pays dans lesquels j’ai vécu, la Chine et la Turquie.

Mes peintres favoris : J’ai eu la chance d’aller visiter les grands musées parisiens à l’âge de 9 ans, avec mon école primaire. Nous avons été sensibilisés à la peinture des XIXème et XXème siècle. En terminale, notre professeur de philosophie nous a fait découvrir l’art contemporain au CAPC de Bordeaux. Mes goûts changent et s’enrichissent à mesure que je mûris et que j’en apprends plus sur l’art, en regardant des documentaires à la télé ou en écoutant les commentaires des guides-conférenciers dans les musées. La question de la médiation culturelle est cruciale pour moi, car pour transmettre des savoirs sur des sujets qui ne sont pas a priori populaires, il faut beaucoup de pédagogie. C’est un devoir de rendre cette culture compréhensible et accessible à tous, au-delà de l’expérience strictement esthétique.

Ce que je déteste par-dessus tout : L’indifférence. Qui que l’on soit, beau, moche, riche, pauvre, nous avons tous le droit à un regard souriant, à de la prévenance. C’est une question de savoir-vivre, de vivre-ensemble et de solidarité.

Le don de la nature que je voudrais avoir : La « bosse du commerce » ! Je suis passionnée par mon travail et je suis sûre que les visites que je propose sont super, mais je ne sais pas encore bien me « vendre », mais j’apprends !

Si bien que j’ai décidé de rafraîchir ma conception de l’enseignement du français pour le rendre plus immersif. En 2018, j’ai créé Langue et terroirs : je propose des visites guidées de Bordeaux et de sa région adaptées à des personnes qui étudient le français. Je fais découvrir plusieurs quartiers de ma ville, et des coins de campagne, incontournables ou plus intimistes. Ces activités touristiques, qui font la part belle au patrimoine culturel et naturel, si riche en France, sont des cours de conversation : ils permettent aux participants d’apprendre et de pratiquer la langue française, qu’ils soient débutants ou qu’ils parlent déjà bien ! Je considère que pour parler une langue étrangère, les cours en école ou en ligne sont nécessaires mais permettent difficilement de s’exprimer de façon authentique, comme nous le faisons dans la vraie vie. Avec mes activités Langue et terroirs, mes élèves ont un véritable espace d’écoute et de parole. Ils améliorent leur capacité à comprendre la langue française et peuvent s’exprimer en confiance avec moi qui les aide à trouver leurs mots. Comprendre et parler français deviennent alors plus facile ! Mes élèves font de réels progrès !

Virginie Cabot

Langue et Terroirs, Bordeaux

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