Entretien avec Nikki Vismara

Tout a commencé dans un vol Seattle-Paris en 2010. J’avais sympathisé avec ma voisine Karin qui allait rendre visite à sa fille Nicole (son prénom français) ou Nikki (son prénom américain), installée à Lyon. Je donnai mes coordonnées à Karin pour que Nicole me contacte quand elle viendrait sur Paris, ce qu’elle fit quelques mois plus tard. Nous nous rencontrâmes au Grand Café des Capucines, à côté de l’Opéra. Nikki me raconta son parcours, son envie de découvrir la France et son intérêt pour le français.

Elle avait appris le français au lycée près de Boston. À la fin de ses études, elle avait envie de partir à l’étranger. Sa meilleure amie se trouvait en France en tant qu’Assistante en Langues et elle lui suggéra de s’inscrire au même programme qu’elle. C’est ainsi que Nikki se retrouva à Caen en 2005 où elle enseigna l’anglais dans quatre écoles primaires. Puis elle fut enseignante dans un lycée près de Lyon où elle finit par s’établir. Elle enseigna alors l’anglais des affaires à mi-temps. En parallèle Nikki suivit des cours d’histoire de l’art pendant deux ans. C’est à cette époque également que Nikki rencontra le responsable d’une association qui aidait au développement d’un village au Mali et s’occupait de la construction d’une école. Nikki pensa que découvrir l’Afrique depuis la France, et un pays francophone en particulier, était une opportunité intéressante. Une fois rentrée aux États-Unis, elle ne pourrait plus envisage cette expérience, pensa-t-elle. Le projet auquel elle participa consistait à fabriquer des bicyclettes en bambou. Une entreprise basée à San Francisco lui montra ce qu’elle devrait enseigner à la population locale pour fabriquer leurs propres bicyclettes. Le but était de construire une usine au Mali, identique à celle du Ghana, que la société de San Francisco possédait déjà. Mais des problèmes politiques empêchèrent ce projet d’être mené à terme.

Les vacances ainsi que son emploi du temps d’enseignante (trois jours par semaine) permettaient à Nikki de peindre. Elle peignit tout d’abord des scènes urbaines car son inspiration provenait de son environnement. Nikki commença donc à peindre de façon abstraite des paysages et des villes à partir de photographies prises lors de ses voyages. Elle avait été fascinée, dans sa jeunesse, par les Impressionnistes, leur façon de peindre et leur maîtrise de la lumière. Ses premières œuvres reflétèrent à la fois des principes réels et abstraits. Puis, l’imagerie, source de son inspiration, cessa de l’intéresser. Nikki commença à expérimenter de nouvelles techniques et de peindre de façon de plus en plus abstraite.

Elle décida de rentrer aux États-Unis, à San Francisco, en 2011 et elle se consacra de plus en plus à la peinture. Elle dut cependant conserver une autre activité à mi-temps jusqu’en septembre 2017.

Sa peinture est aujourd’hui basée sur l’intuition. Les émotions, des idées, la nature sont la base de son inspiration mais jamais une image particulière. L’eau, proche de son atelier, l’influence énormément. Ses peintures font souvent référence aux paysages et à un horizon.

Ses œuvres les plus récentes se fondent sur le concept de la lumière et de l’ombre de façon littérale et métaphorique. Elle est intéressée par la représentation émotionnelle des paradoxes. Elle n’utilise pas le blanc comme une couleur mais plutôt comme un outil qui illustre des nuances subtiles.

Tous ses coups de pinceaux sont intentionnels et elle est attirée par cette lutte constante entre perdre ou gagner le contrôle sur la peinture. C’est un travail physiquement exigeant pour Nikki car ses toiles sont beaucoup plus grandes qu’elle. Elle adore ce qu’elle fait et sait qu’elle était faite pour peindre. C’est finalement récemment que Nikki a l’opportunité de devenir artiste à 100% de son temps et de vivre de son art. Nikki reçoit des commandes de particuliers et expose de plus en plus souvent dans des galeries ou lors d’expositions. Nous sommes impatients de voir les œuvres splendides de Nikki exposées à Seattle. La Californie est à deux pas de l’Etat de Washington...

 

Annie Joly

Correspondante Culture

 

On peut suivre Nikki Vismara sur Facebook ou sur son site : www.nicolevismara.com

© 2020 by Made in France