Romain Beaulieu

Directeur Technique

Romain, qui êtes-vous et comment avez-vous intégré l’équipe Formula Motorsports de l’université de Washington ?

 

Je suis né à Paris et je suis arrivé à Bellevue, Washington en 2012 avec ma famille, où j’ai  passé mes trois premières années de high school. J’ai à nouveau déménagé avec ma famille vers Singapour où je ne suis resté qu’un an et je suis revenu, seul, sur Seattle fin 2016 pour intégrer l’université de Washington.

Je suis passionné d’automobiles et j’ai intégré le cursus de génie mécanique auquel j’aspirais, et je suis actuellement en quatrième année.

Par mes études, j’espérais rejoindre l’équipe locale de Formula SAE qui participe a des compétitions de design entre universités organisées par la Society of Automative Engineers (SAE). L’équipe de Seattle est une des         meilleures des États-Unis. 

Débuter son cursus en ingénierie avec l’industrie automobile permet également de travailler, par exemple dans le domaine naval ou de l’aéronautique. Les composites que nous utilisons pour construire notre voiture

de course sont en effet présents dans ces différents secteurs. 

Pour entrer dans l’équipe il faut remplir un formulaire, écrire une lettre de motivation, passer un entretien technique : c’est une expérience qui nous prépare à ce qui va nous attendre pour  entrer dans le monde du travail. Sur 100 candidatures par an, environ 20 sont retenues. J’ai eu la chance de pouvoir commencer à participer au projet dès ma première année d’université.

 

Pouvez-vous nous parler du projet ?

Ce sont 67 étudiants qui y travaillent. Il s’agit de concevoir, fabriquer et courir avec une mini    monoplace électrique qui doit respecter un cahier des charges exigeant. L’équipe est autogérée ; on travaille de près avec les ateliers  d’usinage du département de génie mécanique ainsi que plusieurs centaines de sponsors pour concrétiser ce que nous étudions. Un vrai travail d’équipe multidisciplinaire. 

Toutes les pièces de la voiture sont conçues sur place sauf les moteurs, les ondulateurs et les cellules de la batterie qui sont uniquement assemblés par nos soins.

Auparavant nous avions travaillé sur le modèle d’une voiture à essence, et celle que nous avons conçue il y a 3 ans fut considérée comme une des meilleures au monde. Vu la direction de l’industrie automobile et de la compétition, l’équipe a changé de cap et travaille à plein temps sur une voiture électrique depuis 2017.

On construit une nouvelle voiture chaque année. La période d’octobre à décembre est celle du design, de janvier à mars c’est celle de la fabrication de la voiture et d’avril à mai ce sont les tests, puis enfin la compétition.

Les tests ont lieu sur des parkings de l’université avec des cônes et ce sont les deux pilotes qui réalisent les meilleurs temps qui feront la course. J’ai moi-même été pilote l’année dernière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que se passe-t-il lors de la compétition ?

C’est une compétition d’ingénierie. Elle a débuté  en 1980 et était organisée par General Motors. Le format a depuis été adopté à travers le monde et il y a maintenant plusieurs compétitions de ce genre aux États-Unis, en Europe, en Chine, au Japon et en Inde. Nous ne participons en général qu’à deux compétitions à cause du calendrier : une aux États-Unis et l’autre en   Europe. Aux États-Unis il s’agit de la Formula SAE Electric, qui se déroule fin juin après nos examens. Ce sera près de Los Angeles en 2020. L’autre course à laquelle nous participerons se situe à Hockenheim en Allemagne à la mi-août. Cette course en Allemagne est LA référence de la Formula student. Il y a 115 participants. Nous mettrons notre voiture dans un conteneur et elle partira en avion vers l’Europe. Il y a une compétition notable qui se tient dans le Michigan à laquelle nous ne nous pouvons pas participer vu la date.

La compétition dure  environ  une semaine.

La voiture est tout d’abord jugée sur son design ; tous ses aspects sont analysés par des juges SAE qui sont des ingénieurs de métiers de chez Honda, Boeing, Cummins, etc.

Le deuxième critère est le coût de la voiture ; le troisième critère est la présentation « business ». Car il faut savoir présenter la voiture sous son aspect financier et savoir expliquer les raisons du choix de tel ou tel matériau.

Ces critères représentent environ 1/3 des points. Les 2/3 des points restant sont attribués aux    critères suivants : l’accélération sur 75 m, le temps au tour sur skidpad et circuit d’autocross, et  enfin l’endurance. Cette dernière épreuve a lieu le dernier jour. La voiture doit effectuer 22 km avec changement de pilote au milieu de la course. Cela représente à peu près 15 tours par pilote. La vitesse maximale est de 130 km/h et la vitesse moyenne est de 55 km/h. La consommation d’énergie lors de l’endurance est également prise en compte.

Entretien par Annie Joly

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